Guide · Méthode
Préparer un mariage quand on est DJ : la checklist J–90 → J+1
En bref
Trois jalons structurent la préparation : le rendez-vous avec les mariés vers J–45, la construction du déroulé vers J–30, le gel des demandes entre J–7 et J–3. La collecte des envies des invités s’ouvre vers J–21, le repérage technique se cale vers J–14, et le jour J commence trois heures avant le premier invité.
Un mariage raté se joue rarement en booth. Il se joue trois semaines avant : personne n’a demandé au lieu s’il y avait un limiteur, la version exacte du morceau d’ouverture de bal n’a jamais été validée, et les trente demandes des invités arrivent la veille par SMS. Voici la chronologie que j’utilise, jalon par jalon. Les délais sont des ordres de grandeur indicatifs.
J–90 à J–60 : verrouiller le cadre, pas la musique
À ce stade, on ne parle pas encore de morceaux. On sécurise l’administratif et on récupère les informations qui conditionnent tout le reste. Contrat signé, acompte encaissé, attestation de responsabilité civile professionnelle transmise si le lieu la demande. Puis les données du terrain :
- Adresse exacte du lieu, nom et téléphone direct du responsable de salle.
- Heure de fin réelle autorisée, et non l’heure espérée par les mariés.
- Présence d’un limiteur acoustique et seuil de déclenchement.
- Nombre d’invités, tranches d’âge dominantes, proportion d’enfants.
- Périmètre de la prestation : cérémonie laïque, vin d’honneur, repas, soirée, second espace.
Le limiteur est le point le plus souvent négligé : découvrir sur place, à 22 h, qu’il coupe le courant au-delà d’un certain niveau change la structure entière du set. La question coûte deux minutes à J–90 ; la découvrir le jour J coûte la soirée.
J–45 : le rendez-vous de préparation
Une heure trente à deux heures, en visio ou sur place. L’objectif n’est pas de repartir avec une playlist mais avec une intention par moment. Les mariés ne savent presque jamais décrire ce qu’ils veulent ; ils savent très bien décrire ce qu’ils détestent. Exploite ça. Un support papier aide : le modèle de déroulé à imprimer pose les dix-huit étapes sur la table et fait surgir les questions que personne n’avait vues.
Les questions qui produisent de l’information exploitable :
- Cinq morceaux à passer coûte que coûte, cinq morceaux à ne jamais passer.
- Un mariage auquel ils sont allés et qui les a marqués : pourquoi ?
- Qui parle au micro, quand, et combien de temps ?
- Y a-t-il des surprises préparées par les témoins ? Qui les orchestre ?
- Qui est la personne référente le jour J ? Jamais les mariés eux-mêmes : ils seront indisponibles.
L’ouverture de bal mérite son propre point de discussion, y compris la version exacte et la durée du morceau : le sujet est détaillé dans notre guide de l’ouverture de bal.
J–30 : construire le déroulé
Un déroulé ne se pense pas en heures mais en moments, chacun avec une intention énergétique. C’est ce qui te permet d’absorber le retard du traiteur sans improviser : tu décales un bloc, tu ne reconstruis pas la soirée.
| Moment | Durée indicative | Intention | Le piège classique |
|---|---|---|---|
| Vin d’honneur | 1 h 30 à 2 h | Fond sonore, la conversation doit rester possible. | Monter en énergie trop tôt et griller les cartouches. |
| Entrée des mariés | 2 à 4 min | Un point d’exclamation, calé sur un repère précis du morceau. | Lancer avant que la salle soit prête à applaudir. |
| Repas et discours | 2 h à 3 h | Ponctuer sans couvrir ; baisser franchement avant chaque prise de parole. | Enchaîner les plats sans respiration entre les interventions. |
| Ouverture de bal | 3 à 5 min | Le seul moment intégralement scripté de la soirée. | Ne pas avoir la version exacte validée par les mariés. |
| Première demi-heure de piste | 30 min | Remplir le dancefloor avec des titres fédérateurs multi-générations. | Sortir tes coups de cœur au lieu des valeurs sûres. |
| Cœur de soirée | 2 h à 3 h | Des séries de trois ou quatre titres par famille musicale. | Changer de style tous les deux morceaux et vider la piste. |
| Dernière heure | 45 min à 1 h | Assumer la baisse d’effectif : jouer pour ceux qui restent. | Finir sur un morceau qui vide la salle avant l’heure de coupure. |
Ce déroulé doit être partagé avec les mariés dans un format qu’ils peuvent commenter : un document figé génère dix allers-retours par e-mail. C’est exactement le rôle du déroulé musical partagé, et le squelette type est détaillé dans notre déroulé musical de mariage type.
J–21 : ouvrir la collecte aux invités
Les invités qui ont participé dansent davantage : ils attendent leur morceau. Mais une collecte non cadrée produit du bruit. Trois règles : une limite de morceaux par invité, un canal unique, et une date de fermeture annoncée. Le canal unique est la clé — si les demandes arrivent par SMS, Messenger et le groupe WhatsApp des témoins, tu passeras ta veille à recopier. Pour le cadrage complet, voir comment collecter la playlist des invités.
Prévois vingt à trente minutes de tri : dédoublonner, écarter les mauvaises versions, repérer les titres qui entrent en conflit avec la liste d’interdits des mariés. Un morceau demandé par cinq personnes n’est pas cinq demandes : c’est un signal fort, à placer en cœur de soirée.
J–14 à J–3 : repérer, figer, préparer
Le repérage, ou l’appel technique
Si tu ne connais pas le lieu, dix minutes au téléphone avec le responsable valent mieux que rien. Ce que tu dois savoir avant de charger le véhicule :
- Accès livraison, distance de portage, escaliers, ascenseur, largeur des portes.
- Puissance électrique disponible et nombre de circuits distincts.
- Emplacement du booth, hauteur sous plafond, nature du sol.
- Extérieur ou intérieur, et surtout le plan B pluie du lieu.
- Heure d’accès pour l’installation, heure limite de démontage.
La fermeture des demandes et la préparation des fichiers
On ferme la collecte. À partir de là, tout ce qui arrive passera par le canal live du jour J. Le travail devient technique : télécharger les titres manquants en local, vérifier les versions (radio edit, clean, extended), analyser les BPM et les tonalités, ranger dans des crates ou playlists par moment, puis générer les exports Serato & Rekordbox.
Ne compte jamais sur le streaming ni sur le wifi du lieu. Règle de sauvegarde : deux clés USB préparées à l’identique, un disque externe, et si tu peux, un second ordinateur avec la même bibliothèque.
Jour J : de l’installation au démontage
Arrivée trois heures avant le premier invité pour une configuration standard. Le calage sonore prend vingt minutes ; le reste sert aux imprévus, et il y en a toujours. Une fois monté :
- Test micro avec la personne qui parlera, pas avec toi.
- Brief du traiteur : c’est lui qui tient réellement l’horloge de la soirée. Cale l’ouverture de bal sur sa sortie de dessert.
- Point avec le photographe : son heure de départ conditionne l’ordre des temps forts.
- Rappel au référent : c’est lui qui arbitre les demandes, pas les mariés.
- Photo du montage avant l’arrivée des invités : utile pour le démontage et pour ta communication.
Pendant la soirée, garde vingt minutes d’avance mentale sur le déroulé. Et ne commence jamais à ranger avant la fin : une piste qui voit des câbles s’enrouler se vide instantanément.
J+1 : le suivi qui rapporte
Un message aux mariés le lendemain, court et sincère, puis une demande d’avis quelques jours plus tard, quand ils ont récupéré les photos. Archive le déroulé réellement joué à côté du déroulé prévu : l’écart entre les deux est ta meilleure source d’amélioration. Et remercie le lieu et le traiteur : ce sont eux qui te recommandent, bien plus souvent que les mariés.
Le récapitulatif, à garder sous les yeux :
| Jalon | Action principale | Livrable |
|---|---|---|
| J–90 à J–60 | Contrat, acompte, contraintes du lieu. | Fiche événement complète. |
| J–45 | Rendez-vous de préparation avec les mariés. | Envies, interdits, référent identifié. |
| J–30 | Construction du déroulé par moments. | Déroulé partagé et commentable. |
| J–21 | Ouverture de la collecte des invités. | Lien ou QR diffusé avec les faire-part. |
| J–14 | Repérage ou appel technique. | Contraintes son, accès, électricité. |
| J–7 à J–3 | Fermeture des demandes, préparation des fichiers. | Crates, exports, doubles sauvegardes. |
| Jour J | Installation, briefs, prestation, démontage. | Une soirée qui suit le plan. |
| J+1 | Suivi, avis, archivage. | Retour d’expérience et recommandations. |
Cette chronologie est exactement celle que Timeport outille : un déroulé partagé avec les mariés, une collecte cadrée côté invités, une date de gel automatique et des exports prêts pour le mix. Le détail est sur la page Timeport pour les DJ de mariage.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour préparer un mariage ?
Hors prestation, comptez un ordre de grandeur de 6 à 10 heures réparties sur trois mois : rendez-vous de préparation, construction du déroulé, tri des demandes, appel technique au lieu et préparation des fichiers. Le gros du travail se concentre sur les trois dernières semaines.
Quand faut-il arrêter d’accepter les demandes des invités ?
Trois à sept jours avant l’événement. Ce délai laisse le temps de dédoublonner, de trouver les titres manquants, de préparer les versions et de générer les exports. Les demandes de dernière minute passent ensuite par le canal live, avec une limite par invité.
Faut-il faire un repérage de salle systématiquement ?
Un repérage physique s’impose pour un lieu inconnu, un mariage en extérieur, une salle atypique ou plusieurs espaces. Sinon, dix minutes au téléphone couvrent l’essentiel : accès et portage, électricité, limiteur, heure de coupure, emplacement du booth et plan B en cas de pluie.
Que faire si les mariés ne savent pas ce qu’ils veulent ?
Ne demandez pas une playlist : demandez des interdits, des références et des souvenirs. Cinq titres incontournables, cinq titres bannis, trois mariages qu’ils ont aimés et pourquoi. La liste des rejets est plus exploitable que celle des envies : elle vous donne des marges de manœuvre sûres.
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